Comment échapper à l’addiction au jeu

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Le jeu pathologique est une véritable dépendance, tout comme la dépendance à l’alcool ou à la cocaïne. C’est la poursuite des comportements malgré leurs conséquences négatives et la perte de contrôle qui font de ce comportement un véritable trouble psychiatrique, pouvant même être associé à un comportement suicidaire.

Thérapies

Au cours de la dernière décennie, de plus en plus d’études ont examiné l’utilité de l’intervention brève, de l’entrevue motivationnelle et de la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) comme traitements au jeu excessif. Dans la brève intervention, une approche qui a clairement montré son intérêt, le médecin discutera avec le patient de sa relation au jeu et par rapport au reste de la population. Il essayera alors de le rendre responsable de sa conduite, soulignant que changer son comportement est une décision qui lui appartient. Il l’informera clairement des avantages d’un changement et des moyens possibles pour y parvenir. Il s’appliquera à renforcer sa capacité d’évolution.

Les approches motivationnelles et la TCC sont fréquemment associées dans la clinique quotidienne pour soigner le jeu pathologique. Ces traitements ont un effet favorable, en séances individuelles ou en groupe, un effet qui a été démontré par des études. Effectivement, la relation du patient avec ses pratiques de jeu, sa motivation et sa confiance dans tout changement sera explorée pour déterminer un traitement ultérieur. Ainsi, un entretien motivationnel peut être mené en cas d’ambivalence sur le désir de changement. Dans ce cas, les questions et l’écoute fournies par le spécialiste permettront au patient de mieux comprendre et de mieux gérer cette hésitation.

D’autres stratégies thérapeutiques développées se concentreront sur le changement lui-même et son maintien. Le patient sera encouragé à identifier précisément les contextes, les émotions, les pensées et les comportements liés aux différentes phases du jeu. Le moment du jeu lui-même sera déchiffré comme la position du joueur, l’identification des signes annonciateurs d’un gain, choix des paris, les actions ou pensées faites pour gagner, etc.. Ainsi, le patient sera également mis au courant de l’existence de différentes options et attitudes possibles face à une situation à risque. Par exemple, on peut l’éviter, adopter un nouveau comportement, se mettre à l’abri en donnant des cartes de crédit à d’autres ou en étant banni du casino, par exemple. Il est important de mentionner que tout le travail cognitif sera mis en œuvre en même temps afin de déconstruire les croyances qui maintiennent le jeu excessif.

Dans tout cela, l’un des objectifs est d’amener le patient à connaitre qu’il est bien impossible de prédire ce qui va se passer dans le jeu, parce qu’il s’agit de simple hasard. Pour faire, des tests sur le terrain, anticipant les éventuels obstacles et évoquant des solutions qui permettront au patient de vivre ces nouvelles réalités. Internet, dangereux pour les joueurs invétérés, pourrait contre toute attente constituer une aide précieuse. Une étude récente a montré qu’une approche motivationnelle et une TCC en ligne, combinées à un appel téléphonique hebdomadaire, ont un impact positif sur ces comportements. Une nouvelle perspective à explorer.


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